« Je n’avais pas envie de respirer. Après, la respiration s’est fait oublier mais j’avais du mal au début.

J’étais au bord d’un ruisseau, des bruits d’eau. C’était dans une forêt. Le ruisseau dévalait une pente dans la montagne. Il y avait des Indiens de nouveau mais avec des grandes plumes, leur machin d’apparat. Ils étaient à la source de la rivière et ils avaient des bols en bois avec des billes dedans et puis ils tapaient, ils faisaient le rythme. Avec des bâtons, ils tapaient. Il y en avait plusieurs, une dizaine. Tous avec leurs grandes plumes et ils étaient là, ils tapaient, tapaient. On a l’impression que c’était une cérémonie pour l’eau ou quelque chose comme ça.

Après il n’y en avait plus qu’un avec la grande coiffe. Et les autres n’avaient plus de coiffe. Ils étaient tout autour. Et puis il mettait ses mains, comme des impositions de mains au-dessus de la source et les autres étaient avec leurs cheveux noirs tirés, avec deux ou trois plumes — je ne sais plus — à côté tout autour, lui il était debout. C’était surtout ça.

Et après, au bord de la rivière, il y avait des femmes qui étaient sur une pierre et qui frottaient une pierre comme des ratons laveurs, dans le rythme, et grattaient une pierre, une pierre plate avec une autre pierre plate au bord d’une rivière. Plusieurs femmes qui étaient là à quatre pattes en train de frotter leurs pierres dans le rythme. Voilà.

Ce n’était pas tellement aussi long que les autres fois.

Toujours ce bruit d’eau, de l’eau qui coule, un ruisseau qui coule, une petite cascade qui coule... un clapotis d’eau. Après j’avais des problèmes avec le bras, j’avais l’impression qu’on me le tirait en arrière. Il commençait à s’engourdir.

Il y avait encore quelque chose, mais je ne sais plus quoi. J’ai l’impression que c’était une cérémonie pour l’eau, pour la pluie... Ça avait rapport à l’eau.

C’était au début, c’était une source qui coulait bien fort déjà, c’était tout de suite un ruisseau — ce n’était pas un petit filet d’eau — qui sortait d’un rocher et puis ils étaient là, au-dessus, ils dominaient cette sortie.

Moi j’étais spectateur, je ne faisais pas partie de la cérémonie. Je voyais, c’est tout.

Il y avait des enfants aussi au bord de la rivière avec ces femmes. Au bout d’un moment, c’était les enfants qui grattaient ces pierres, qui frottaient. Ça ne se passait pas au même endroit où il y avait ceux qui faisaient leur cérémonie. C’était au bord d’une rivière avec plein de galets.

Au début, il y avait un Indien qui tournait autour de moi. Aussi avec la grande coiffe. Juste ça, après il y avait la rivière. Tout au début il y avait un Indien qui tournait aussi. Il était tout petit, un corps tout petit avec cette grande coiffe qui était énorme, qui était disproportionnée à son corps. Son corps était presque une caricature, très petit, puis il courait pas naturellement, déformé, avec cette coiffe qui était trop grande pour sa tête. Après il y avait la rivière, après la cérémonie, tous avec leur coiffe, après il n’y avait plus un avec une coiffe qui imposait les mains au-dessus de l’eau, de la source et les autres étaient habillés normalement avec leur pagne en peau et coiffés avec les cheveux très noirs tirés vers l’arrière et deux ou trois plumes sur le côté. Et après les femmes et après les enfants.

Je suis mieux réveillé que les autres fois. Le rythme changeait par moments et puis il me semble qu’il y avait d’autres castagnettes qui se mettaient en route, d’autres bruits qui se mélangeaient.

Ça s’est fini sans à-coups, sans coupure nette. »

Commentaire : Patrick est encore chez les Indiens. Après cette séance, il a eu du mal à retrouver l’ordre chronologique de ce qu’il avait perçu. Beaucoup d’eau ici.

EEG : Voilà un graphique où les deux hémisphères sont synchronisés et où chacun présente une dominante Alpha à 9 hz, indice de relaxation, d’esprit calme.

Graphique ‎IX-9 : EEG Patrick séance 4