AA3d Les Ondes Thêta

Les ondes Thêta sont plus lentes encore : de 3 à 7 Hz (cf. Hutchison p.27).

Chacun d’entre nous a pu en faire l’expérience de manière tout à fait naturelle : dans cet état appelé hypnagogique (qui est une variété d’ENOC spontané) que nous connaissons parfois entre la veille et le sommeil. Certaines personnes racontent avoir marché ainsi en des lieux inconnus, ou avoir assisté en spectateur à des scènes d’une vie intense, ou avoir simplement observé en toute passivité des images s’interpénétrant : visages humains, têtes animales se transformant de l’une à l’autre comme dans le morphing informatique. Il n’y a là aucune ingérence du mental conscient, cela se crée dans le regard intérieur et c’est parfois vraiment somptueux.

Lorsque ce genre de choses se produit, c’est le signe que le cerveau est majoritairement parcouru d’ondes Alpha et Thêta. En même temps, les crispations se relâchent et les tensions décrochent (parfois même, avec des sursauts musculaires qui secouent tout le corps).

Le cerveau produit donc des ondes Thêta et, jusqu’aux années 1960-1970, on pensait que ces ondes Thêta ne pouvaient être majoritairement présentes que dans le sommeil avec rêve (phase appelée REM (REM signifie : Rapid Eye Movement. C’est la phase du sommeil où l’on rêve, et cette phase est caractérisée par des mouvements oculaires rapides, d’où son nom) – et pas à l’état de veille. Et puis, à la suite de la mise en évidence de la prépondérance Alpha dans certains états modifiés de conscience, les recherches se poursuivirent. Et lorsqu’on eut réalisé que l’état Alpha était agréable mais seulement passif, les chercheurs sont allés plus loin dans leurs investigations.

Une étude fut ainsi menée sur des moines pratiquant cet ENOC qu’est la méditation zen depuis plus ou moins longtemps. Et là, apparut une chose curieuse : les jeunes moines peu entraînés entraient facilement en Alpha et y restaient pendant la méditation. Mais les moines plus anciens allaient très vite dans l’état Thêta après un court passage en Alpha : leur cerveau produisait en majorité et longuement des ondes Thêta. Or, les ondes Thêta étaient considérées jusque-là comme présentes uniquement dans le sommeil avec rêve – et ces moines, non seulement ne dormaient pas, mais ils étaient bien au contraire tout à fait vigilants mentalement. En fait, plus les moines étaient entraînés à la méditation, plus vite leur cerveau générait du Thêta.

Les recherches se sont donc poursuivies et ont abouti à la création d’appareils permettant un entraînement à la production d’ondes Thêta. Alors, on put parvenir aux conclusions suivantes :

  • Le cerveau majoritairement parcouru d’ondes Thêta à l’état de veille est signe d’ENOC
  • L’état Thêta est puissamment créatif
  • Il peut permettre l’émergence d’idées nouvelles, de synthèses originales, aussi bien que la libération de souvenirs anciens enfouis
  • Il marque un apaisement de l’esprit et du corps, des pensées et des émotions
  • Il crée des ressentis et des expériences subjectives aboutissant à une intégration meilleure des sentiments, à un bien-être psychologique
  • Il a un pouvoir de transformation de la personnalité, de la vision du monde, de l’action
  • Il libère de croyances et comportements étriqués
  • Il aide à la guérison et régénère…
  • En fait, on s’est également rendu compte que ceux qui entraient facilement en Thêta bénéficiaient d’une meilleure résistance et d’une meilleure santé physique, nerveuse et mentale. On observa entre autres effets positifs :
  • Élimination de fragilités du corps et accroissement de la disponibilité de l’énergie vitale
  • Élimination des états dépressifs
  • Élimination des tendances aux angoisses/anxiété
  • Élimination de la dévalorisation de soi et augmentation de l’estime de soi et de la confiance en soi.

On en a déduit que ces améliorations étaient liées à l’acquisition d’une conscience de soi et du corps meilleure et plus élargie, d’une nouvelle maîtrise nerveuse et émotionnelle, d’un renforcement de la personnalité. S’y ajoutent souvent le développement de l’intuition et l’aptitude à puiser dans ses ressources profondes.

Le rythme Thêta crée des ondes Thêta

Les travaux de chercheurs ont démontré que les cultures traditionnelles savent stimuler les ondes Thêta dans le cerveau :

  • Andrew Neher, un neurophysiologiste américain, montra que la stimulation sonore par les tambours à la fréquence de 4 à 7 cycles par seconde (Hz) est la plus efficace pendant les cérémonies chamaniques parce qu’elle accroit les rythmes Thêta qui se manifestent dans les zones corticales du lobe temporal des participants.
  • Wolfgang Jilek, anthropologue américain, qui a étudié la cérémonie de la Danse des Esprits dans l’ethnie Salish, a montré que la transmission de la fréquence Thêta au cerveau sous l’influence du rythme des tambours était tout à fait réelle. Il a découvert que les rythmes frappés par les tambours se trouvaient dans une bande allant de 0,8 à 5 Hz et qu’un tiers des fréquences dégagées se trouvaient dans la bande du Thêta, à 4 ou 5 Hz. Il affirme : c’est la zone de fréquences correspondant aux ondes Thêta qui est reconnue comme la plus efficace dans la production d’états de transe.
  • Michael Harner, anthropologue américain spécialiste du chamanisme, a confirmé ces découvertes : les sonorités rythmées peuvent induire des ENOCs.

Il est donc prouvé que les rythmes des tambours induisent une(mémoire 31) réponse du cerveau sous la forme de la production des ondes Thêta favorisant les ENOCs : il n’est donc pas étonnant que le tambour soit l’instrument de musique-clé dans toutes les cultures traditionnelles.

 

Alyce et Elmer Green (Ph. D. en psychophysiologie) font, depuis de nombreuses années, des recherches dans le domaine du biofeedback, des ondes cérébrales et des ENOCs (Alyce & Elmer Green – Beyond Biofeedback – Knoll Publishing Company). Dans leurs travaux, ils ont été en contact avec des sommités telles, entre autres, Stanislav Grof (le fondateur du courant de la Psychologie Transpersonnelle) et John Lilly (chercheur en neurophysiologie expérimentale, grand connaisseur en ENOC et créateur du caisson d’isolation sensorielle). Ils ont pu travailler avec des yogis de haut niveau, tel Swami Rama du Himalayan International Institute de Glenview ; sur des chamans, comme Rolling Thunder, medicine-man Cherokee ; et sur des personnes ayant des facultés non ordinaires tel Jack Schwartz, que vous rencontrerez un peu plus loin.

Pour conclure cet exposé sur les ondes Thêta, rappelons ceci : quand elles sont à l’état de veille en association avec les ondes Alpha, c’est là un des signes les plus sûrs d’ENOC.

Ondes Alpha + Thêta = ENOCs

Avant d’aborder les ondes Delta – sur lesquelles il n’y a actuellement que peu de choses à dire dans le registre des ENOCs – voici quelques résultats de recherches par EEG sur des sujets sortant de l’ordinaire. Ces travaux montrent l’importance significative des ondes Alpha ou/et Thêta dans différents ENOCs.

Alyce et Elmer Green ont pu étudier les performances non ordinaires de Jack Schwarz (Hollandais né en 1924 en et décédé aux États Unis en 2000). Cet homme était à la fois guérisseur et capable, tels certains yogis, d’une maîtrise absolue sur son propre organisme – élimination de la douleur, contrôle du saignement lors de blessures, stimulation du système immunitaire face à des infections volontaires. Jack Schwarz était aussi par ailleurs capable d’une étonnante perception de la vie et des problèmes d’autrui. Il avait donc des caractéristiques et des capacités chamaniques, bien qu’étant né en Hollande.

Pendant les expériences avec les Green sous contrôle EEG, Jack Schwarz s’enfonçait des aiguilles (préalablement piétinées au sol en guise de stérilisation !) en se traversant le biceps de part et d’autre. Puis il retirait l’aiguille et, en se concentrant pour l’interdire, il bloquait toute émission de sang de la plaie. Pendant toute la durée des expériences, des ondes Bêta étaient présentes sur son EEG. Toutefois, lors de l’enfoncement de l’aiguille, là où toute personne ordinaire aurait produit en abondance des ondes Bêta anarchiques, le cerveau de Jack Schwarz se mettait à produire de l’Alpha régulier avec une légère prédominance de l’hémisphère cérébral gauche.

Quant au risque d’infection, voici ce qu’il en disait :

– Si le corps sait qu’il n’a pas à interagir avec un élément étranger, ou à réagir contre cet élément, il n’y a aucune possibilité pour qu’une infection se produise.

Fait extraordinaire : bien que Jack Schwarz ait fait ce genre de démonstration des centaines de fois, la peau de son bras est toujours restée libre de marques et de cicatrices et aussi douce que celle d’un bébé ! Son bras savait, de toute évidence, qu’il n’avait pas à interagir avec l’aiguille qui le traversait !…

Ramon Torres, le sujet péruvien étudié par le psychologue Erik Peper, avait le même genre de caractéristiques d’électricité cérébrale à dominante Alpha lorsqu’il s’enfonçait le rayon d’une roue de bicyclette dans la joue : dès que le métal touchait le visage, son cerveau passait de Bêta en Alpha et ne revenait en Bêta que quand la tige métallique était ressortie par l’autre joue.

On connaît également en Grèce des chrétiens orthodoxes qui marchent sur le feu : les Anastéridès. Pendant leur marche sur le feu, des électrodes placées sur leur tête ont révélé sur l’EEG la prédominance d’ondes Alpha.

Les Green ont également voyagé en Inde et ont ainsi pu expérimenter sur des sages et des yogis, dont Yogiraja, qui fut « enterré » pendant sept heures et vingt minutes – durée pendant laquelle son cerveau produisit continuellement et quasi uniquement des ondes Alpha : pas de retour en ECO et en Bêta, pas d’approfondissement en Thêta.

Ces travaux tendent à démontrer que les ondes Alpha, lorsqu’elles sont quasi exclusivement présentes signent des ENOCs de particulière maîtrise du corps, de la douleur et des émotions (qui ne sont pas à la portée de tout un chacun, il faut bien le constater). Ce qui n’est pas le cas des gens non entraînés car alors, même pendant la méditation, elles sont seulement majoritaires et voisinent avec les autres trains d’ondes  – Bêta, Thêta et Delta – qui sont minoritaires.

Charles Tart, professeur de psychologie et un des grands spécialistes américains dans le domaine des ENOCs, a pu expérimenter sur des sujets en OBE c’est à dire en sortie hors du corps. L’EEG de certains de ces sujets présentait un tracé particulier, qui n’avait pas encore été rapporté par les chercheurs travaillant sur le sommeil et le rêve. Cet EEG montrait des ondes Alpha lentes, des ondes Thêta très présentes et seulement peu ou pas d’ondes Delta (qui apparaissent en général chez chacun environ une demi-heure après le début de l’endormissement).

Des expérimentations ultérieures ont également corroboré l’abondance simultanée des ondes Alpha et Thêta chez des yogis en méditation profonde, chez d’autres sujets en OBE et chez des sujets psi.

Des chamans occidentaux ; des guérisseurs

Maxwell Cade et Nona Coxhead (Cade et Coxhead – The Awakened Mind – Element Books), chercheurs dans le domaine des ENOCs, ont testé sous EEG des guérisseurs en activité. Là aussi, Alpha et Thêta se présentèrent de façon significative.

Pendant que Addie Raeburn, un de leurs sujets, traitait un malade par imposition des mains, son cerveau produisait d’abord de l’Alpha dominant et du Thêta intermittent pendant les cinq à six premières minutes. Puis le Thêta devenait dominant. À la fin de la séance, le Thêta persistait pendant une demie-minute environ, puis l’Alpha prenait le relais pour quelques minutes encore, et enfin le Bêta réapparaissait.

Le plus intéressant, c’est que les malades eux aussi entraient en ENOC pendant la séance : leur cerveau produisant du Thêta. Mieux encore, on a trouvé une concordance entre ce qui se passait dans le cerveau de la guérisseuse et dans celui du patient : l’EEG de ce dernier montrant, avec  toutefois moins d’amplitude, les mêmes variations Alpha et Thêta que celui de la soignante. Et ce n’est que cinq à dix minutes après la séance que les deux EEG retrouvaient leurs spécificités propres. Cade et Coxhead ont également montré que, selon la position des mains du guérisseur sur le corps du patient, cette concordance des deux cerveaux variait.

Ces chercheurs ont également montré que la guérison à distance pouvait exister. Pour cela, ils ont expérimenté avec deux guérisseurs : Hilda et Edgar Chase. Voici la procédure qui fut adoptée : Edgar se rendait dans une autre pièce où il était connecté à un EEG, pendant que Hilda et le patient restaient dans le cabinet de consultation et étaient également branchés sur EEG. Puis Hilda affirmait entamer le soin tout en n’en faisant rien. En fait, c’est Edgar, dans l’autre pièce, qui entreprenait de soigner le malade à distance à partir d’un signal convenu.

Dès la survenue du signal, l’EEG de Edgar changeait immédiatement pour montrer des modèles Alpha-Thêta stables significatifs. Quant à l’EEG du patient, quelques secondes après, il s’alignait sur le tracé de Edgar alors que le cerveau de Hilda ne montra rien de particulier.

Toutes ces expériences, et d’autres encore, ont mis en évidence l’importance de l’Alpha et du Thêta stables dans les ENOCs.

À présent, nous passons aux ondes Delta.

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