AA3f Cerveau et effet FFR

Dans des cérémonies chamaniques, des anthropologues avaient donc constaté la concordance du rythme du tambour avec le tracé EEG des participants. Il a ainsi pu être démontré que le son et la lumière, rythmés selon certaines fréquences et appliquées sur une certaine longueur de temps, amènent une réponse du cerveau qui tend à synchroniser son activité électrique sur ces fréquences. Ces travaux ont de même mis au jour l’effet du stroboscope (Appareil émettant des flashes lumineux rythmés) et de ses pulsations rythmées sur l’état de conscience et le tracé des ondes cérébrales. Il a ainsi été prouvé qu’une stimulation extérieure, visuelle ou/et sonore, a une action sur la nature des ondes cérébrales (et aussi sur la synchronisation des deux hémisphères cérébraux) : le cerveau tend à se mettre en phase, à s’aligner sur la fréquence en question. C’est ce que l’on appelle, en termes techniques, FFR (frequence following reaction) : la tendance qu’a le cerveau à suivre les fréquences qui lui sont proposées à l’aide du son, de la lumière.

Cette constatation a permis la mise au point d’appareils et de technologies pouvant nous servir, à nous Occidentaux ayant culturellement perdu nos clés d’accès aux ENOCs, à nous aider à accéder à ces états de conscience si désirables et salvateurs.

Ce sont là les outils du techno-chamanisme. Je les aborderai plus loin. Ils permettent, très concrètement, accéder à des ENOCs avec l’aide de ces outils.

Des drogues…

Auparavant, il faut encore parler d’une des extraordinaires aptitudes du corps humain que la neurobiologie a mis en évidence depuis seulement peu de temps : notre organisme peut produire, synthétiser, des substances ayant des effets similaires aux susbtances hallucinogènes.

Souvent, quand certains pensent ENOC, ils pensent hallucinogènes, et il est vrai que des peuples en utilisent pour provoquer ces états de conscience particuliers. Mais il est évident aussi que les drogues ne sont nullement indispensables à l’obtention d’ENOCs : d’autres peuples, et ils sont nombreux, ne s’en servent aucunement.

Ces recherches scientifiques récentes (depuis 1975) sur la chimie organique ont dévoilé que notre cerveau et certains de nos organes produisent tout à fait naturellement des substances aux effets analogues aux drogues utilisées en situation rituelle pour stimuler les ENOCs : peyotl, psilocybine, cannabis, yagé, ayahuasca, cocaïne, opium et ses dérivés tels que l’héroïne et la morphine, etc.

Notre corps, nos cellules, sont donc capables de synthétiser ces produits, et nous pouvons bénéficier de leurs effets de façon totalement naturelle et sans inconvénients : ni accoutumance, ni dépendance, ni « overdose ». Ces substances ont un énorme pouvoir sur notre état d’esprit, nos états de conscience, notre bien-être ou notre mal-être. Elles sont en rapport étroit avec les ENOCs.

Lorsque se manifestent les états non ordinaires de conscience, des substances biochimiques sont toujours impliquées, soit de manière endogène – c’est-à-dire synthétisées par le corps – soit de manière exogène – c’est-à-dire apportées de l’extérieur sous forme de substances opiacés ou hallucinogènes. – Johannes Holler / médecin(84)

Ces substances autogénérées, endogènes, ont pour nom neurotransmetteurs. À ce jour, on en a répertorié plus de soixante – et ce n’est pas fini. Elles ont, entre autres, un rôle-clé sur la peur aussi bien que sur la sérénité, sur l’énergie, la survie, la concentration, l’euphorie, l’appétit, le sommeil et l’état de veille, l’aptitude à apprendre, la détente, le désir, la sexualité, le plaisir, la force de la personnalité et la résistance physiques… Il faut savoir que des changements dans la quantité de neurotransmetteurs dans les cellules du cerveau produisent des changements immédiats dans les émotions ressenties et les états de conscience.

Voici quelques-uns de ces neurotransmetteurs, « drogues » naturelles synthétisées par nos cellules :

  • Les endorphines, c’est-à-dire nos « morphines » endogènes, sont des opiacés naturels. On connaît aujourd’hui une vingtaine de ces endorphines ayant des structures moléculaires proches de celles de l’opium, de la morphine et de l’héroïne. On connaît bien les effets antidouleurs et euphorisants de ces substances, ainsi que l’intensification des sensations de plaisir qu’elles peuvent provoquer. Les endorphines filtrent également les informations parvenant jusqu’à notre conscience en éliminant celles qui sont inutiles. La neurochimiste Candace Pert et son équipe du National Institute of Mental Health ont constaté que les endorphines sélectionnent les messages réceptionnés par nos cinq sens et peuvent permettre l’accès à des états de conscience différents. Par ailleurs, dans les situations impliquant du danger, nos sens, par l’action des endorphines, peuvent parvenir à une perception d’une intensité suraiguë pour permettre notre survie. Ainsi, les endorphines sélectionnent la « réalité » la plus utile pour nous, la plus bienfaisante, la plus exaltante…
  • L’enképhaline est un de ces opiacés naturels. Elle calme la douleur, minimise le stress, induit une euphorie et une disponibilité de l’esprit, neutralise la dépression et a une action positive sur les émotions. L’enképhaline a un effet analogue à l’héroïne et à la morphine.
  • La sérotonine qui a un rapport étroit avec la glande pituitaire liée, en Inde comme dans les traditions spirituelles de l’Occident, avec le « 3ème œil » et les capacités de précognition. Il est ici intéressant de se souvenir que le banian (ficus religiosus), c’est-à-dire le figuier sous lequel Bouddha médita puis atteignit l’illumination, est un arbre très riche en sérotonine. On connaît bien à présent l’influence de la sérotonine sur la survenue d’images hypnagogiques – et, sur un autre plan, dans l’amélioration des états migraineux. La sérotonine est de structure chimique proche du LSD et de la psilocybine, et aussi de l’ayahuasca qui est composé de différentes plantes amazoniennes. L’ingrédient actif majeur de ces trois substances est la diméthyltryptamine DMT, substance hautement hallucinogène, dont l’aspect moléculaire est analogue à la sérotonine produite naturellement par le cerveau humain.
  • L’adrénaline, appelée aussi « hormone du stress », a une action tonifiante sur le corps, la rate et les systèmes musculaire et cardio-vasculaire. Elle a aussi une action stimulante sur la sécrétion des endorphines par l’hypophyse. Elle a une structure moléculaire qui la rapproche de la mescaline, ce produit actif du cactus peyotl, utilisé dans certaines cultures amérindiennes pour provoquer la transe. L’ethnologue Carlos Castaneda a abondamment décrit ses ENOCs avec le peyotl (Carlos Castaneda – L’Herbe du Diable et la Petite Fumée – 10/18) et comment, grâce à eux, sa vision du monde a été transformée et enrichie. L’écrivain Aldous Huxley (Aldous Huxley – Les Portes de la Perception – 10/18) a également rendu compte de l’expansion de sa conscience sous mescaline. Il le rapporte : « La Vision de Béatitude, Sat Chit Ananda, la Félicité de l’Avoir-Conscience – pour la première fois je comprenais, non pas au niveau verbal, non pas par des indications rudimentaires ou à distance, mais d’une façon précise et complète, à quoi se rapportaient ces syllabes prodigieuses. » Sur le plan moléculaire, la mescaline ressemble beaucoup à une autre substance, l’éphédrine, qui est l’alcaloïde des Ephedra, plantes connues et utilisées dans la pharmacopée chinoise depuis des millénaires. Grâce aux Ephedra, la science occidentale a pu mettre au point la synthèse de l’amphétamine et de ses dérivés, toutes substances qui ont de remarquables effets sur le système nerveux. L’adrénaline et la noradrénaline que nous produisons dans nos corps, ont de tels points communs chimiques avec la mescaline et l’éphédrine, qu’elles se ressemblent comme des sœurs à quelques très légères nuances près.
  • La noradrénaline est chimiquement apparentée à l’amphétamine, à la cocaïne et à la mescaline. Elle a un effet stimulant sur le cerveau, sur la mémoire, sur la vigilance la plus aiguë. On l’a appelée la fontaine de jouvence du cerveau. La noradrénaline a une action sur les sensations de plaisir. On a constaté que la prise de médicaments induisant une diminution de la noradrénaline dans l’organisme déclenche une dépression, alors que les médicaments augmentant cette substance agissent comme des remontants. Dans certains cas, la présence de noradrénaline augmente la sensibilité et surcharge les voies sensorielles – ce qui est en rapport avec certains états de transe.
  • L’acetylcholine renforce les performances de la mémoire, la capacité d’apprentissage et de développement de l’intelligence (dans la maladie d’Alzheimer, on constate une diminution du taux d’acétylcholine dans l’organisme). L’acetylcholine a une incidence stimulante sur la production des endorphines. Elle a, par ailleurs, une structure moléculaire proche de celle de la nicotine. À ce propos, il est intéressant de savoir qu’en Amazonie le tabac est considéré comme un remède et, par exemple dans l’ethnie, Ashaninca, le chaman guérisseur est appelé Celui qui utilise le tabac : le tabac sert aux chamans amazoniens à entrer en ENOC et ainsi en contact avec d’autres réalités et à guérir. Le tabac amazonien (nicotiana rustica), cultivé sans engrais chimiques ni pesticides, s’il ne contient aucune des quelques cent substances ajoutées à nos cigarettes et cigares, contient par contre jusqu’à dix-huit fois plus de nicotine que ces derniers. Interrogé sur la relation tabac et maladies cancéreuses en Amazonie, Johannes Wilbert, l’autorité en la matière, a écrit : « Il existe certainement des preuves que les produits occidentaux à base de tabac (issus des variétés nicotiana tabacum) contiennent de nombreux et différents agents nuisibles qui ne sont probablement pas présents dans les plantes cultivées organiquement. Je n’ai pas entendu parler de chamans qui développent des cancers. » – Cité par Jeremy Narby (voir la bibliographie).

De ce qui précède, on voit bien que des « drogues » sont toujours impliquées dans les ENOCs – mais que point n’est besoin de leur apport exogène puisque nos cellules sont tout à fait capables de les synthétiser. Reste à se demander comment « inciter » notre biochimie à fabriquer ces substances nous donnant accès aux ENOCS et à leurs pouvoirs, à de nouvelles compréhensions, à une nouvelle plénitude.

Le psychomental est le Chef d’Orchestre

Même au milieu d’une véritable révolution chimique, l’esprit garde sa supériorité sur la matière. En fait, il apparaît aujourd’hui que la structure moléculaire d’un neurotransmetteur dépend totalement de la manière dont le cerveau s’en sert (…). D’où vient donc cette faculté de produire les neurotransmetteurs ? Nous devrions peut-être nous intéresser à la question de la participation de l’esprit. / Dr Deepak Choprah, médecin

Cette citation de Deepak Choprah nous met au cœur des choses : il apparaît bien que c’est l’esprit, le psychomental, qui donne l’ordre de produire certaines de ces molécules spécifiques.

Le pouvoir de l’esprit sur le corps ne se discute plus. La médecine découvre aujourd’hui avec une certaine épouvante (parce que cela remet en question le sacro-saint dogme de l’efficacité des médicaments allopathiques) que l’effet placebo a permis de guérir jusqu’à 70% de patients dans certains cas ! (L’ouvrage de l’historien spécialisé en pharmacologie Philippe Pindone (Les deux Médecines – Ed. La Découverte) est très instructif à cet égard.) La psycho-neuro-immunologie constate que le fait de visualiser un renforcement de ses propres défenses immunitaires augmente significativement le nombre de globules blancs présents dans le sang. Les travaux de cancérologues, tel Carl Simonton (Carl Simonton & Reid Henson – L’Aventure d’une Guérison – J’ai Lu) et d’autres, démontrent que la visualisation de la guérison du cancer peut amener la guérison effective de malades qui avaient été jugés par la médecine en état terminal et mourants. La psychosomatique n’est plus guère discutée que par quelques tenants d’une arrière-garde s’accrochant à des conceptions du XIXème siècle…

Le psychomental a un immense pouvoir sur la matière : il peut rendre malade, il peut guérir. Ses émotions génèrent des manifestations physiologiques tout à fait concrètement mesurables (par exemple, production d’adrénaline en grande quantité en cas de colère ou d’émotion violente).

Si vous voulez réellement assister à un phénomène de psychokinésie (capacité de déplacer des objets physiques avec l’esprit), il vous suffit d’admirer les exploits de l’esprit sur la matière, à l’intérieur du cerveau. Il est tout à fait étonnant de voir que, pour chaque pensée, l’esprit réussisse à déplacer les atomes d’hydrogène, de carbone, d’oxygène et d’autres particules dans les cellules cérébrales. On pourrait penser que rien n’oppose plus une pensée immatérielle à la matière grise solide du cerveau. Le tour de passe-passe se produit pourtant, sans aucun lien apparent. / Sir John Eccles, prix Nobel de médecine (cité par Choprah 78

Comme je l’ai évoqué plus haut, les scientifiques ont réussi à photographier le résultat physiologique d’une pensée dans le cerveau par le procédé de la tomographie à émission de positons : ils se sont rendu compte que le cerveau répondait à la pensée par une réaction chimique, cascade de concrets neurotransmetteurs et de molécules messagères.

Des expériences et recherches ont été faites sur des personnes en ENOC. Par exemple : en 1983, dans le service de neurophysiologie de l’université de Munich et sous le contrôle du Professeur J. Kugler, on a procédé à une expérimentation sur des sujets occidentaux utilisant des Postures de Transe décrites par l’anthropologue austro-américaine Felicitas Goodman – et cela avec les instrumentations les plus modernes. Les appareils enregistrèrent alors de très grands changements chez les sujets en transe :

  • Les EEG montrèrent des ondes cérébrales dans l’intervalle Thêta, c’est-à-dire dans une bande de fréquences de 4 à 7 Hz
  • La pression sanguine s’abaissa en même temps que le pouls devint plus fort, chose tout à fait paradoxale
  • Le sérum sanguin révéla la présence d’adrénaline, de noradrénaline et d’endorphines.

Après la transe, les sujets déclarèrent se sentir euphoriques et heureux, ce qui est en rapport bien connu avec la sécrétion d’endorphines et le vécu de certains ENOCs. Comme vous le verrez plus loin : ce type de transe est simplement induit par la prise d’une posture physique et l’utilisation d’un son rythmé à 3 Hz, sans aucun apport de quelque drogue ou substance chimique exogène que ce soit.

Le chef d’orchestre est donc bien l’esprit, le psychomental. Alors revenons à notre question : comment pouvons-nous de façon pratique et tout à fait concrètement, inciter notre biochimie organique à fabriquer ces substances pouvant nous donner accès à d’autres états de conscience que l’ECO ?

J’y arrive : notre culture occidentale moderne, technologique et matérialiste, nous a donné des outils pour nous faciliter l’accès aux ENOCs.

Tout semble se passer comme si, quelle que soit la vision du monde d’une société, on finit toujours par (re)trouver des moyens pour que l’être humain puisse vivre des ENOCs.

Vous allez maintenant découvrir quels sont ces apports de l’Occident…

Venez d'ajouter à votre liste :
Ma liste d'envies
Juste ajouté à votre panier :
Mon panier