AA4ab Le Caisson d’Isolation Sensorielle

En fait, le ganzfeld est une adaptation d’une pratique très ancienne pour obtenir des ENOCs : la déprivation sensorielle. La réclusion dans le cas de certains moines, la répétition continuelle de prières ou de mantra, tout cela vise à isoler le mental des stimulations sensorielles extérieures afin qu’il puisse s’ouvrir à ce qui vient « de l’intérieur » (ou d’« ailleurs » ?). Dans l’ECO, les cinq sens sont peu ou prou stimulés, vue, ouïe, odorat, goût et toucher, et cela marque à la fois une attention dispersée à leurs signaux et un barrage par rapport à ce qui pourrait apparaître dans la sphère de l’ENOC. La réduction ou l’élimination des perceptions sensorielles est une des voies connues depuis toujours pour faciliter l’entrée en ENOC.

Un stimulus répété et monotone peut finir par générer une sorte de déprivation sensorielle en amenant soit une focalisation sur ce stimulus (éliminant donc du champ de conscience ce qui est perçu par les autres sens), soit un désintérêt de l’attention consciente pour ce stimulus. Par exemple, le bruit des vagues toujours recommencées peuvent agir de cette manière (c’est ce qu’ont expérimenté des personnes aussi diverses que le poète Paul Valéry ou le physicien Fritjof Capra face à l’océan : ils sont spontanément entrés en transe). Tout se passe comme si, las de l’ennui, l’ECO décrochait et qu’alors, autre chose, d’un autre ordre de perception pouvait apparaître. Utiliser des moyens d’éliminer les perceptions de certains des sens est donc un moyen efficace pour induire des ENOCs.

Il existe une structure lourde pour opérer cette déprivation : la chambre ou le caisson d’isolation sensorielle. C’est un espace conçu de manière à ce qu’il n’y ait là ni bruit, ni clarté, ni odeur, ni goût. Ni même, autant que possible, toucher, et cela dans la mesure où on peut y flotter sans effort sur de l’eau maintenue de façon homogène à la température de 34 degrés centigrades. On y installe aussi une protection contre les vibrations et les champs électriques et magnétiques. C’est donc un lieu totalement isolé du monde extérieur, dans lequel rien ne peut pénétrer. C’est un outil réellement étonnant pour vivre des ENOCs et certaines personnes y ont expérimenté des extases, un élargissement de la conscience, des sentiments de « fusion avec le Tout »…

En 1954, John Lilly (1915 – 2001) est Directeur de Recherches en Neurophysiologie (National Institute of Mental Health – Maryland) et il commence à expérimenter l’isolation sensorielle sur lui-même en caisson. Il y obtient des ENOCs tels que OBE, transes, contacts avec des intelligences supérieures, ce qu’il nomme des « êtres de l’Invisible ». Nous allons le voir : ce qu’il rapporte avoir vu et ressenti dans le caisson rappelle les dires d’autres personnes ayant vécu des ENOCs –  comme par exemple :

  • Le physicien Fritjof Capra, qui raconte ce qu’il a ressenti en assistant, lors d’un ENOC particulièrement intense et vivide, à ce qu’il a appelé la « Danse de Shiva » : une communion/fusion quasi mystique avec le Transcendant
  • Ou encore l’écrivain et « channel » Jane Roberts qui assiste en ENOC à ce qu’elle nomme « la vie intense des particules » : elle s’est alors sentie comme présente à la genèse de l’univers et participant intimement aux forces transcendantales primordiales y ayant présidé…

Voici ce que rapporte John Lilly :

– [Dans le caisson] j’entre dans des états voisins du rêve, des états de transe, des états mystiques. Dans toutes ces phases, je suis totalement intact, centré, présent. À aucun moment, je ne perds conscience du fait que je fais une expérience : toujours une partie de moi sait que je flotte dans le réservoir sombre et silencieux. (…) [Lors de certaines séances dans le caisson] je me trouve au-delà de la galaxie, au-delà des galaxies telles que nous les connaissons. Le temps est apparemment accéléré cent milliards de fois. L’univers tout entier se contracte jusqu’à devenir un point. Une explosion formidable se produit et de ce point jaillissent d’un côté, de la matière et des énergies positives (…) et de l’autre côté, l’antimatière.

John Lilly entend parfois des « guides » lui parler. Ses vécus l’amènent à cette conviction :

– C’est une de mes croyances bien ancrée que l’expérience des états supérieurs de conscience est nécessaire pour la survivance de l’espèce humaine. Si chacun d’entre nous peut faire l’expérience au moins des niveaux les plus bas du satori, il existe un espoir que nous ne détruirons pas la planète… (Cité par Paul Gérôme dans le Caisson d’Isolation Sensorielle – Ed. Sand.)

Nombreux sont ceux qui, à ce jour, ont utilisé le caisson d’isolation sensorielle pour « y flotter » hors du monde ordinaire. Selon les personnes, les expériences rapportées vont de l’intense relaxation et régénération énergétique jusqu’à des états extatiques : des vécus avec des sentiments, des sensations et des émotions analogues à ceux dont parle John Lilly – des ENOCs.

Cet outil qu’est le caisson a été rendu possible par la technologie moderne – les méthodes traditionnelles ne pouvant évidemment pas aller jusqu’à isoler des influences électromagnétiques de l’environnement. Toutefois, comme je l’ai déjà dit, le caisson d’isolation sensorielle est une structure lourde, onéreuse, qui prend de la place et qui nécessite un entretien important. Il n’est donc pas facile d’accès en dehors des centres qui les proposent au public.

caisson d'isolation sensorielle (CIS)
caisson d’isolation sensorielle (CIS) - Un caisson ouvert

Dans un ordre d’idée analogue (mais pas identique), existe le caisson à orgone.