AA6b La conscience en OBE

Une fois hors du corps, l’expérienceur se voit coupé de la fonction cognitive normalement assurée par le cerveau. Ainsi, la

« déconnexion possible de notre système cortical, grand pourvoyeur de jugements, expliquerait la difficulté rencontrée par beaucoup à analyser et à raisonner hors du corps. “Lors de mes incursions dans d’autres dimensions, explique Jeanne Guesné, il m’est impossible de raisonner, d’analyser, de déduire, la pensée parlée cérébralement n’existe plus. Je suis une conscience connaissance ‘muette’ alors que lorsque je rêve, je pense mon rêve, je le verbalise.” » (Jérôme Bourgine, Le voyage astral, p. 205)

Des choses simples, comme la lecture par exemple, deviennent délicates. Notre esprit étant coupé de sa « base », le cerveau, l’intellect semble fonctionner différemment. Le raisonnement est altéré, la mémoire est transformée également. Monroe rapporte à ce propos que de nouveaux souvenirs de lieux, inconnus de lui dans le monde matériel, appartiennent désormais à sa mémoire « terrestre » sans qu’il sache d’où ils lui viennent.

Un temps d’adaptation semble nécessaire pour développer de nouvelles attitudes cognitives dans l’état OBE, car l’émergence de fortes émotions y est fréquente et chaque pensée est suivie d’un flot émotionnel. Il convient donc d’apprendre à maîtriser ses émotions, à reconnaître ses systèmes de croyances, à fonctionner sans esprit analytique pour pouvoir valablement contrôler l’OBE.

OBE et expérimentations

L’OBE a été scientifiquement explorée pour la première fois en 1968 par le professeur Charles Tart avec un sujet nommé Miss Z. Elle était capable de vivre des OBE pratiquement chaque nuit et était donc un sujet intéressant à étudier. Elle a participé à quatre séances expérimentales étalées sur une période de deux mois où elle devait, une fois sortie de son corps, lire une série de cinq chiffres écrits sur un bout de papier et placés sur le haut d’une pendule près du plafond de la salle d’expérimentation (La lecture en OBE est un exercice particulièrement difficile, qui tient plus du déchiffrement que de la lecture. Ainsi, Miss Z s’est entraînée, pour les besoins de l’expérience, sept nuits de suite pour apprendre à lire en OBE). La première séance n’a rien donné. À la deuxième, Miss Z a pu se dédoubler et lire uniquement l’heure sur la pendule, mais pas les chiffres sur le bout de papier. La troisième nuit, Miss Z s’est retrouvée à l’extérieur du labo et rendit visite à sa sœur. À la quatrième séance, Miss Z réussit à lire le chiffre exact : 15132. Mais Tart, bien que l’expérience ait eu lieu de nuit, s’est refusé à valider l’expérience, quand il s’est rendu compte qu’une personne ayant une excellente acuité visuelle pouvait lire les chiffres se reflétant sur le plafond laqué. Dans cette série d’expériences, Tart a remarqué que le tracé EEG des périodes de sorties hors du corps ne correspondait pas à un tracé de phase de rêve normal.

« Mon impression générale des corrélations entre le tracé de l’EEG et les expériences OB (Tart utilise les initiales OB pour désigner l’OBE) (avec sensation de flotter) de Miss Z est que ces expérience se passèrent durant un tracé de phase 1 du sommeil plutôt peu développé, qui était dominé par une activité alphoïde, et souvent mélangé avec des périodes transitoires d’éveil : cette activité alphoïde était toujours de 1 à 1,5 cycle par seconde plus lente que son rythme alpha normal d’éveil. Aucun mouvement oculaire ne semble accompagner ces expériences (…), le cœur reste à un rythme normal et stable, et il n’y a aucun changement prononcé ni dans une réponse basique de la peau (basic skin response, BSR) ni dans la réponse généralisée de la peau (general skin response, GSR). De plus, je peux dire avec quelque certitude que les expériences OB de Miss Z ne se passent pas pendant la phase de rêve normale (phase 1 de rêve) ; elle montre une phase 1 et des tracés REM normaux et bien développés, mais elle n’a relaté aucune expérience OB en conjonction avec les tracés de cette phase, à moins qu’ils ne se transforment en pattern alphoïde, sans accompagnement de REM. » (Cité par Christine Hardy, op.cit., pp. 84-85).

Après avoir détaillé rêve lucide et OBE, il semble qu’ils aient de fortes similitudes structurelles. Certains pensent toutefois qu’ils sont de natures différentes.