AA6f Paralysie du sommeil et OBE

Un certain nombre de personnes  — environ 5% — sont conscientes que leur corps physique est paralysé pendant une expérience d’OBE. Les autres ne ressentent pas ce phénomène. Celia Green a surtout observé la paralysie pendant l’OBE lorsque celle-ci se déclenche chez un sujet couché et jamais lorsqu’il est debout. Cependant, ajoute-t-elle, pour les OBE qui se manifestent chez des sujets en action, il a été observé que dans des situations de stress extrême, une expérience de sortie hors du corps était possible — lors d’accidents violents, mais aussi chez des soldats pendant la guerre ou bien :

« Mon ex-mari et moi avions une dispute au cours de laquelle il a essayé de m’étrangler… C’était comme si je flottais au-dessus de mon corps et me voyais lentement glisser contre le mur vers le sol. Tout s’est passé au ralenti et j’avais en même temps une impression de joie et de relâchement… La chose que j’ai remarquée ensuite est que je me réveillais au sol. » (Op. cit., p. 134).

Ces OBE spontanées sont peut-être liées à un très court sommeil. I. Oswald (Sleeping and walking : physiology and psychology. Amsterdam : Elsevier (1962). Cité par McCreery, ibid., p. 134). a provoqué des sommeils instantanés à l’aide d’électrochocs. Il a ainsi montré qu’il était possible, dans certaines situations de stress — généralement extrêmes —, de s’endormir pendant un laps de temps variable. Ce micro-sommeil particulier pourrait être accompagné de paralysie du sommeil et / ou d’une expérience OBE. Il peut y avoir paralysie complète ou partielle ? qui permette encore une activité motrice : cela correspondrait bien à la description de la transe chamanique où le chaman est actif, transmet ses informations aux personnes présentes et, en même temps, voyage dans le monde des esprits. Cet état particulier correspondrait à la phase 1 du sommeil — qui précède la phase REM — et certains types d’OBE y seraient plus particulièrement associés, alors que le rêve lucide serait plus souvent et majoritairement expérimenté en phase REM. Cette hypothèse, exposée par McCreery, expliquerait aussi pourquoi certains EEG de personnes en OBE montrent une activité cérébrale correspondant à l’état de veille.

Pour en revenir à la paralysie, voici les réflexions de Shirley Marques-Bonham :

« Quelqu’un qui ressent une paralysie et ne connaît rien de ces phénomènes peut en être intensément effrayé. D’autre part, les images hypnagogiques ou hypnopompiques qui peuvent être présentes à ce stade, si la personne est en train de s’endormir ou de se réveiller, peuvent devenir un théâtre de torture élaboré, avec des personnages effrayants. Il existe des contes folkloriques de démons, comme des contes de succubes ou d’incubes apparaissant dans ces circonstances, avec la personne à la merci de ces rêves affreux. Toutefois, avec un petit effort et de la persévérance, n’importe qui serait capable de sortir d’une telle situation inconfortable. Il s’agit de rêves générés par l’esprit subconscient, peut-être pour justifier une inconfortable situation de paralysie et de vibrations. » (Shirley Marques-Bonham, « Manifestations de Kundalini, rêve lucide et expériences hors du corps », in : Rêver, n°3, p. 72).

Je souligne ici la relation qui est faite entre la paralysie du sommeil et les démons, incubes et succubes. Ces séances de torture font aussi penser aux pénibles sévices qu’endurent les personnes « enlevées par les extraterrestres ».

C’est ce que nous allons aborder maintenant.